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Le bénin: une destination inédite, une découverte étonnante

Il existe dans le monde des endroits hors des grandes destinations touristiques, des pays qui ne font jamais les gros titres des journaux, et qu’une majorité d’individus sont incapables de situer sur une carte. Et pourtant, ces pays méritent que l’on vienne les visiter afin de découvrir des peuples, des paysages, une histoire riche, un patrimoine culturel original et préservé.

Le Bénin fait partie de ces contrées dont on parle peu. Les plus anciens se souviennent qu’il existait, parmi les colonies françaises d’Afrique, un pays qui s’appelait le Dahomey. Situé au bord du Golfe de Guinée, entouré par le Togo, le Burkina Faso, le Niger et le Nigéria. L’actuel Bénin était considéré à cette époque comme le « quartier latin de l’Afrique », du fait de la qualité de ses élites intellectuelles qui formaient les cadres de l’administration coloniale.

Depuis son indépendance en 1960, le Bénin a connu plusieurs régimes politiques, dont une période marxiste-léniniste, comme la plupart des autres anciennes colonies. Cependant, le Bénin n’a jamais subi de dictature sanglante, ni de régime pseudo-démocratique avec des dirigeants inamovibles qui se transmettent le pouvoir de père en fils.

Les élections présidentielles du printemps 2016 ont encore prouvé qu’une alternance démocratique apaisée est possible en Afrique. Qui a entendu parler en France des élections présidentielles béninoise ? peu de gens si l’on compare à celles des pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou la Gabon qui ont provoqué contestations et émeutes graves.

Bien sur, la situation n’est pas pour autant idyllique, le pays est très pauvre, l’économie informelle est la règle et la corruption touche tous les milieux malgré les efforts des gouvernements successifs pour y mettre fin.

Le Bénin possède des atouts touristiques majeurs, mais ceux-ci sont malheureusement peu mis en valeur par les autorités, et quasiment ignorés des tour-opérateurs internationaux.

Les paysages

Il y a tout d’abord les paysages qui présentent une grande variété, en partant des superbes plages du sud, en passant par la zone médiane couverte d’une végétation luxuriante et en finissant par la chaine montagneuse de l’ Atacora au nord. Sans oublier bien entendu la savane arbustive, refuge des grands animaux peuplant l’immense réserve de la Pendjari.

Parmi les autres curiosités, il ne faut surtout pas manquer la cité lacustre de Ganvié, la plus importante d’Afrique dans laquelle 35 000 habitants vivent sur l’eau. La visite de cet endroit en pirogue permet de découvrir ce curieux habitat, d’observer les pêcheurs qui utilisent une technique originale et d’admirer une multitude d’espèces d’oiseaux.

Une autre curiosité remarquable du pays est la présence, dans la région de l’Atacora, des Tatas Somba, cases en forme de petits châteaux forts, à l’architecture unique au monde.

La petite taille du pays permet de le traverser dans sa plus grande longueur en une journée de voiture, avec un réseau routier encore perfectible mais globalement satisfaisant.

L’histoire

Le deuxième atout du Bénin est la richesse de son passé historique dont les témoignages sont encore visibles de nos jours et justifient à eux seuls le voyage. Le pays était composé, avant l’arrivée des colons européens, de plusieurs royaumes dont le plus important était celui d’Abomey. Une dynastie de 12 rois se succédèrent sur ce trône, le dernier : Béhanzin a combattu les français qui l’ont fait prisonnier et l’on déporté. Ils sont tous parfaitement connus, on peu visiter leurs palais ainsi que différents musées. On découvre ainsi les mœurs parfois très sanguinaires de ces puissants souverains, qui commerçaient avec les européens pendant la période de la traite négrière.

Le pays a été profondément marqué par ce terrible commerce, la ville de Ouidah, étant le principal point de départ des esclaves d’Afrique à destination des Caraïbes et des Amériques. On visite l’ancien fort portugais, la place des enchères, la route des esclaves, la porte du non-retour, et tous les autres lieux où l’on ressent encore de nos jours le poids de cette histoire tragique.

Enfin, il est intéressant de découvrir les vestiges du passé commun de la France et du Bénin. Outre les nombreux bâtiments datant de cette époque, on est toujours surpris par les similitudes avec notre pays. En premier, il y a la langue française, langue nationale au Bénin et largement pratiquée. Ensuite, pour les réfractaires à l’Euro, l’utilisation du Franc CFA, équivalent à nos anciens francs leur rappellera de bons souvenirs. Enfin, les boites à lettre jaunes avec le sigle « PTT », la bonne baguette de pain vendue partout accompagnée de Vache qui rit, et bien sur les indestructibles 404 et 504 Peugeot omniprésentes sur les routes et les pistes nous rappellent nos liens forts avec ce pays ami depuis longtemps.

La culture et les traditions

Le troisième centre d’intérêt du Bénin est la persistance de traditions millénaires, et en particulier celle du Vaudou, dont le Bénin constitue l’origine historique. Cette religion animiste, encore pratiquée actuellement par une majorité des habitants, a été exportée par les esclaves et s’est implantée dans leurs pays de destination, en Haïti, au Brésil et dans le sud des Etats Unis. Le vaudou, n’est pas seulement une religion et n’a pas que des aspects négatifs. Les Béninois pratiquent le syncrétisme religieux, c'est-à-dire qu’ils peuvent s’adresser à plusieurs « églises » afin de trouver une solution à leur problème. Le Bénin est majoritairement catholique, l’islam est surtout présent dans le nord du pays mais il n’y a aucun problème de coexistence entre les différentes religions. Quelle que soit la religion qu’il pratique, le béninois est avant tout animiste. Les Béninois sont un peuple accueillant, et pacifique. Les manifestations liées au culte vaudou sont toujours intéressantes voir impressionnantes, cet aspect magique et mystérieux est unique au monde et ne fait pas l’objet, pour l’instant, de récupération à des fins touristiques ou commerciales.

La flore et les produits de la nature

La variété du climat entre le nord et le sud explique la présence de végétaux très différents. Dans le sud et le centre du pays, le climat tropical est propice à une végétation luxuriante, d’où la présence de nombreuses espèces d’arbres : le teck, très répandu, les palmiers, les flamboyants… Les variétés de fruits sont innombrables et d’une qualité exceptionnelle : papayes, mangues, bananes, oranges, avocats, et certainement les meilleurs ananas sur terre !! Tous les légumes poussent en abondance, ce qui permet d’élaborer des repas variés, sains, et savoureux. L’offre en poissons, fruits de mer, viandes, volailles, est large et d’une fraicheur garantie.

Le nord du pays est plus propice aux cultures telles que le coton, le maïs, le manioc, l’igname, le sorgho. C’est le domaine des grands arbres : le baobab, le fromager, le kapokier et le caïlcédrat, très utilisé en médecine traditionnelle.

La zone frontalière avec le Burkina Faso est constituée d’une savane arbustive, c’est le royaume des grands animaux qui vivent en totale liberté dans la réserve de la Pendjari.

La faune et les safaris.

Le Bénin était peuplé d’animaux sauvages, y compris dans les zones habitées par l’homme jusqu’à une époque relativement récente. Il y avait des hippopotames dans les fleuves et lagunes proches de la capitale il y a quelques décennies. L’urbanisation, la déforestation, et la chasse intensive ont provoqué la disparition progressive de nombreuses espèces. Dans le sud et le centre du pays, il subsiste quelques singes, des crocodiles dans les « marigots », des petits mammifères (agoutis…) et des oiseaux.

Heureusement, il existe au nord du Bénin une immense réserve animalière totalement préservée dans laquelle vivent en totale liberté la plupart des animaux d’ Afrique : Le Parc National de la Pendjari. Dans cet espace de près de 300 000 hectares, on peut rencontrer d’immenses troupeaux de buffles, beaucoup d’éléphants, (dont la population augmente), des lions, des babouins, des phacochères, plus de 10 espèces d’antilopes, des milliers d’oiseaux dont certains très rares comme le grand calao, et, dans les mares, des crocodiles et des hippopotames. A la différence des parcs d’Afrique de l’Est et du Sud, les animaux ne sont par parqués ni identifiés par des « puces électroniques » et « chouchoutés » par une armée de soigneurs. Seule la loi de la nature prévaut. La fréquentation est très faible (au maximum une vingtaine de visiteurs présents dans le parc en même temps) et perturbe très peu l’équilibre naturel de la réserve. L’autre avantage de faire un safari au Bénin est le coût, beaucoup moins élevé que dans toute autre région d’Afrique.

La sécurité

Compte tenu du contexte international actuel, la sécurité est un élément essentiel. Malheureusement, beaucoup de gens, influencés par les médias, font un amalgame et pensent qu’il est dangereux d’aller en Afrique quel que soit l’endroit. Cette attitude a des conséquences dramatiques sur beaucoup de pays, y compris ceux qui n’ont jamais connu aucun problème sécuritaire ou sanitaire. C’est le cas du Bénin. Ce pays bénéficie d’une grande tranquillité, la délinquance est faible du fait de l’absence de tourisme de masse, l’harmonie règne entre les différents ethnies et religions, la stabilité politique est exemplaire et les problèmes sanitaires sont inconnus (aucun cas d’Ebola). Les Béninois prétendent que cette situation privilégiée est due à la pratique du vaudou, même le plus radicalisé des individus n’oserait commettre d’actes répréhensifs par peur des représailles qu’il subirait de la part des esprits et des divinités. On aimerait que cela soit vrai !!